Le quechua pour voyager à Cusco : mots et phrases utiles

Ce que c’est, combien de personnes le parlent, comment il s’écrit et se prononce, et des phrases utiles

Vérifié auprès des sources officielles
Le quechua en voyage: mots et phrases utiles à Cusco. Allinllachu · Añay · Runa simi

L’essentiel

  • Le quechua est une famille de langues andines parlée dans sept pays ; à Cusco, on parle la variété Cusco-Collao du quechua du Sud.
  • Lors des recensements de 2017, 3 735 682 personnes de 5 ans ou plus, soit 13,9 % de cette population, ont appris à parler en quechua.
  • C’est une langue officielle là où il prédomine, selon l’article 48 de la Constitution et la loi 29735 sur les langues originaires.
  • L’alphabet officiel utilise trois voyelles (Qusqu) et l’Academia Mayor de la Lengua Quechua, cinq (Qosqo) ; les deux graphies se prononcent pareil.
  • Merci se dit añay ou sullpayki, bonjour se dit allinllachu et à plus tard, tupananchiskama.
  • Les consonnes glottalisées (avec apostrophe) et aspirées (avec h) changent le sens : t’anta signifie « pain » et thanta, « chiffon ».
Dans ce guide
  1. Qu’est-ce que le quechua ?
  2. Combien de personnes parlent quechua ?
  3. Le quechua est-il une langue officielle du Pérou ?
  4. Pourquoi le quechua s’écrit-il de tant de façons ?
  5. Comment se prononce le quechua ?
  6. Mots et phrases utiles en quechua
  7. Les toponymes de Cusco et leur signification
  8. Où entendre le quechua à Cusco ?
  9. Comment apprendre le quechua et l’utiliser avec respect
  10. Résumé : le quechua pendant votre voyage à Cusco

Le quechua est une famille de langues originaire des Andes et la langue autochtone la plus parlée du Pérou : lors des recensements nationaux de 2017, 3 735 682 personnes de 5 ans ou plus, soit 13,9 % de cette population, ont déclaré avoir appris à parler en quechua. À Cusco, on parle la variété Cusco-Collao du quechua du Sud. Pour le voyageur, quelques mots suffisent : allinllachu pour saluer, añay ou sullpayki pour remercier et tupananchiskama pour dire au revoir.

Ici, à Cusco, nous l’entendons tous les jours : sur les marchés, pendant les fêtes et dans les communautés de la Vallée sacrée et des hauts plateaux. Ce guide explique ce qu’est le quechua, où on le parle, comment il s’écrit et se prononce, et quelles phrases vous seront utiles, avec des mots tirés de documents officiels. Son rôle dans le Tahuantinsuyo est raconté dans notre guide histoire et culture inca.

Qu’est-ce que le quechua ?

Le quechua n’est pas une seule langue, mais une famille de langues apparentées. Selon la Base de données des peuples autochtones ou originaires (BDPI) du ministère péruvien de la Culture, ses variétés sont parlées dans sept pays d’Amérique du Sud : Pérou, Équateur, Colombie, Bolivie, Argentine, Chili et Brésil.

Ses locuteurs l’appellent runa simi ou qhichwa simi. Dans le glossaire de la Direction déconcentrée de la culture de Cusco, runa signifie « personne, gens » et simi, « bouche ». Dans les documents officiels, simi désigne aussi la « langue » : mama simi est la langue maternelle.

Les variétés du quechua au Pérou

La classification classique du linguiste Alfredo Torero, de 1964, distingue le quechua I, au centre du Pérou, et le quechua II, au nord et au sud. Depuis 2013, le ministère péruvien de l’Éducation utilise quatre branches, chacune avec son propre manuel officiel d’écriture :

  • Branche du Sud : le chanka, de Huancavelica, Ayacucho et Apurímac, et le collao, d’une partie de l’Apurímac, de Cusco, Puno, Arequipa et Moquegua. La BDPI considère les deux comme vitaux.
  • Branche centrale : dans l’Áncash, à Huánuco, Pasco, Junín, La Libertad et dans la sierra de Lima, avec plusieurs variétés en danger.
  • Branche du Nord : à Cajamarca, Lambayeque et Piura.
  • Branche amazonienne : le kichwa du Loreto, de San Martín, de Madre de Dios et de l’Amazonas.

Le quechua de Cusco : la variété Cusco-Collao

La variété de Cusco est la même que celle de Puno et d’une partie de l’Apurímac. Son trait le plus frappant, ce sont deux séries de consonnes que d’autres variétés, comme le chanka d’Ayacucho, n’ont pas : les aspirées et les glottalisées. La BDPI explique que ces sons viennent d’un contact ancien avec l’aymara, la langue que le quechua a remplacée dans une bonne partie des Andes du Sud.

Combien de personnes parlent quechua ?

Le chiffre le plus cité vient des recensements nationaux de 2017 de l’INEI, l’institut péruvien de la statistique. D’après la langue apprise pendant l’enfance, 13,9 % de la population de 5 ans ou plus, soit 3 735 682 personnes, a appris à parler en quechua ; 82,6 % ont appris en espagnol et 1,7 % en aymara. La fiche de la BDPI donne un chiffre un peu plus élevé : 3 805 531 personnes.

La langue n’est pas la même chose que l’identité. Dans le même recensement, 22,3 % de la population de 12 ans ou plus, soit 5 176 809 personnes, s’est identifiée comme quechua : il y a donc plus de personnes qui se reconnaissent quechuas que de personnes ayant appris la langue enfants.

Selon la BDPI, au début du XXe siècle, environ 60 % de la population péruvienne parlait quechua ; au début du XXIe, près de 15 %. Malgré tout, en valeur absolue, il y a plus de locuteurs aujourd’hui qu’en 1876, et au moins un tiers vit en zone urbaine.

Le quechua dans la région de Cusco

Selon les recensements nationaux de 2025, dont le ministère de la Culture a diffusé les premiers résultats en juillet 2026, la région de Cusco compte 773 130 locuteurs de langues autochtones ou originaires, soit 14,9 % du total national. Dans beaucoup de communautés rurales, le quechua est la langue de tous les jours.

Le quechua est-il une langue officielle du Pérou ?

Oui, dans les zones où il prédomine. L’article 48 de la Constitution péruvienne dispose que l’espagnol est langue officielle et que, « dans les zones où elles prédominent », le sont aussi le quechua, l’aymara et les autres langues aborigènes, selon la loi. Le quechua avait déjà été officialisé par le décret-loi 21156 du 27 mai 1975, comme le rappelle un rapport technique publié par le ministère de l’Éducation.

Le texte qui met en œuvre cet article est la loi 29735, publiée au journal officiel El Peruano le 5 juillet 2011. Trois de ses dispositions expliquent ce que vous verrez à Cusco :

  • Droits : toute personne peut utiliser sa langue originaire dans la sphère publique et privée, et être servie dans sa langue maternelle par les institutions de l’État (article 4).
  • Statut officiel : les langues originaires sont officielles là où elles prédominent, selon le Registre national des langues originaires (article 9), et l’administration doit alors leur donner la même valeur juridique qu’à l’espagnol (article 10).
  • Écriture : le ministère de l’Éducation fixe les règles d’écriture uniformes (article 21).

La loi se voit dans les services publics. En juillet 2026, le ministère de la Culture a certifié 224 agents publics bilingues de la région de Cusco ; ils sont désormais 3 322 dans tout le pays, en quechua Cusco-Collao, en quechua chanka et en aymara. La BDPI recense aussi 205 interprètes et traducteurs de quechua.

Pourquoi le quechua s’écrit-il de tant de façons ?

Cusco, Qosqo et Qusqu. Sacsayhuamán et Saqsaywaman. Huayna Picchu et Wayna Picchu. Ce n’est pas une erreur : trois traditions d’écriture coexistent.

  1. L’orthographe espagnole. Pendant des siècles, les noms quechuas ont été écrits avec l’orthographe de l’espagnol : « hua » pour le son wa, ou « cc » et « c » pour des sons que l’espagnol ne possède pas. Beaucoup de toponymes officiels et de panneaux touristiques l’ont conservée.
  2. L’alphabet officiel. Le ministère de l’Éducation a approuvé l’alphabet du quechua et de l’aymara en novembre 1985, par la résolution ministérielle 1218-85-ED, et en 2013 une résolution directoriale a fixé l’usage de trois voyelles : a, i, u. C’est l’alphabet de l’éducation interculturelle bilingue et du manuel d’écriture du quechua du Sud (ministère de l’Éducation, 2021). On y écrit Qusqu, comme dans le glossaire de la Culture de Cusco.
  3. L’écriture de l’Académie. L’Academia Mayor de la Lengua Quechua (Académie supérieure de la langue quechua) défend cinq voyelles, dans ce qu’elle appelle le « qheswa imperial del Qosqo », le quechua impérial de Cusco : Qosqo, Saqsaywaman. En 2016, l’ordonnance régionale 115-2016-CR/CRC du gouvernement régional de Cusco a reconnu ce quechua à cinq voyelles pour l’écriture dans la région.

Trois voyelles ou cinq : le débat en quelques mots

Le quechua a des sons proches du é et du o français, mais ils n’apparaissent qu’à côté des consonnes q, qh et q’, et parfois près du r. Pour les partisans du système à trois voyelles, ce sont des variantes du i et du u, et non des voyelles distinctes : c’est pourquoi ils écrivent qusqu même si l’on entend « qosqo ». C’est la conclusion d’un rapport technique du département de linguistique de l’Universidad Nacional de San Antonio Abad del Cusco (UNSAAC), publié par le ministère de l’Éducation en 2021. L’Académie soutient que chaque son doit avoir sa lettre. Pour le voyageur, peu importe : suqta et soqta, « six », se prononcent pareil.

Conseil : si vous cherchez un lieu sur une carte ou sur internet sans le trouver, essayez d’autres graphies : avec hua ou wa, avec e et o ou avec i et u, avec c, cc, k ou q. Qenqo et Q’enqo, ou Sacsayhuamán et Saqsaywaman, désignent le même site.

Comment se prononce le quechua ?

Inutile de prononcer parfaitement : chaque effort est apprécié. Ces repères vous aideront à lire les mots de ce guide.

Voyelles et accent

  • a, i, u se prononcent « a », « i » et « ou ».
  • À côté de q, qh et q’, le i s’ouvre vers un é et le u vers un o : qusqu se prononce « qosqo », et wiraqucha, « monsieur », se prononce « wiraqocha ».
  • L’accent tombe presque toujours sur l’avant-dernière syllabe. Une exception fréquente est arí, « oui » : le glossaire de la Culture de Cusco précise qu’il est accentué sur la dernière.

Les consonnes qui n’existent pas en français

  • q : se prononce plus en arrière que le k, au fond de la bouche, presque dans la gorge.
  • Aspirées (ph, th, chh, kh, qh) : la consonne est suivie d’un souffle d’air. Le qh devient un frottement qui ressemble à un r français très raclé : qhatu, « marché ».
  • Glottalisées (p’, t’, ch’, k’, q’) : on ferme la gorge et l’air sort d’un coup, avec un petit claquement : p’unchay, « jour », ou q’eswa, « corde ».
  • w se prononce « ou », comme dans « oui » ; le h est expiré, comme en anglais ; le ll se prononce comme « ly » et le ñ comme « gn » ; le ch se prononce « tch ».

Ces consonnes changent le sens. Dans le dictionnaire de l’Académie, tanta signifie « réunion », thanta « chiffon » et t’anta « pain ». Et kancha est un espace clos, tandis que k’ancha signifie « lumière ». Faites toujours attention à l’apostrophe et au h.

Mots et phrases utiles en quechua

Ces phrases sont en quechua Cusco-Collao et proviennent de deux glossaires officiels : celui du ministère de la Culture pour l’accueil du public, de 2025, et celui de la Direction déconcentrée de la culture de Cusco. Certains mots viennent du dictionnaire de l’Académie. La prononciation est approximative ; la syllabe en majuscules est accentuée.

FrançaisQuechuaPrononciation approximative
Bonjour, comment ça va ?¡Allinllachu!a-lyinn-LYA-tchou
Comment vas-tu ?¿Imaynallan kachkanki?i-maï-na-LYANN katch-KANN-ki
Ça va bienAllinllan kachkania-lyinn-LYANN katch-KA-ni
Bonjour (le matin)Allin p’unchayA-lyinn P’OUN-tchaï
Bon après-midiAllin sukhaA-lyinn SOU-kha
Bonsoir / Bonne nuitAllin tutaA-lyinn TOU-ta
MerciAñay / SullpaykiA-gnaï / soul-PAÏ-ki
Je te remercie beaucoupAñaychayki askhataa-gnaï-TCHAÏ-ki as-KHA-ta
À plus tardTupananchiskamatou-pa-nann-tchis-KA-ma
À demainPaqarinkamapa-qa-rinn-KA-ma
Comment t’appelles-tu ?¿Iman sutiyki?I-mann sou-TIY-ki
Je m’appelle…Ñuqaq sutiyqa…GNO-qaq sou-TIY-qa
Oui / NonArí / Manama-RI / MA-namm
Excusez-moiPampachaykuwaypamm-pa-tchaï-kou-OUAÏ
Monsieur / MadameWiraqucha / Mamaoui-ra-QO-tcha / MA-ma
Combien ?¿Hayk’a?HAÏ-k’a
EauUnu / YakuOU-nou / YA-kou
Pain / Chicha (bière de maïs)T’anta / AqhaT’ANN-ta / A-qha
Maïs / Sel / PimentSara / Kachi / UchuSA-ra / KA-tchi / OU-tchou
MarchéQhatuQHA-tou
Maison / Village / CheminWasi / Llaqta / ÑanOUA-si / LYAQ-ta / gnann
Colline / Lagune / RivièreUrqu / Qucha / MayuOUR-qo / QO-tcha / MA-you
Soleil / LuneInti / KillaINN-ti / KI-lya

Il existe de petites différences entre les sources, comme entre les villages : le glossaire national écrit ¿Imam sutiyki? et Ñuqap sutiyqa, et celui de Cusco, ¿Iman sutiyki? et Ñuqaq sutiyqa. Les deux formes sont comprises.

Merci en quechua : añay, sullpayki et yusullpay

Le glossaire de la Culture de Cusco recense quatre façons de dire « merci beaucoup » : sullpay, yusullpay, añay et sullpayki. Le glossaire national du ministère de la Culture traduit « merci » par añay, et le dictionnaire de l’Académie définit añay comme « merci, remerciement, gratitude ».

Sur internet, vous verrez souvent sulpayki, avec un seul l : c’est le même mot, écrit autrement. Pour remercier de quelque chose de précis, on emploie le verbe añaychay : añaychayki askhata, « je te remercie beaucoup », est l’exemple donné par l’Académie. Avec añay ou sullpayki, vous serez compris partout à Cusco.

Bonjour, comment ça va et au revoir

Le quechua n’a pas d’équivalent exact de « bonjour » : on demande plutôt comment va la personne. ¡Allinllachu! sert de salutation, et le glossaire de la Culture de Cusco le traduit ainsi : « ¡Allinllachu Parwa! », « Bonjour, Parwa ! ». Si on vous le dit, répondez allinllan kachkani, « ça va bien ». Pour prendre congé, tupananchiskama signifie « à plus tard » (le glossaire national écrit tupananchikkama) et paqarinkama, « à demain ».

Avec les personnes âgées, dites wiraqucha ou tayta pour « monsieur » et mama pour « madame ». Le quechua distingue frères et sœurs selon qui parle : un homme appelle sa sœur pana et une femme, ñaña ; une femme appelle son frère tura et un homme, wawqi. Avec la terminaison -y, « mon, ma », ces mots deviennent une salutation affectueuse, comme dans le glossaire du ministère de la Culture : allin p’unchay, panay, « bonjour, ma sœur ».

Les nombres de 1 à 10

Sur les marchés, on vous servira en espagnol, mais les nombres en quechua sont un bon exercice. Le tableau compare la graphie officielle à trois voyelles, celle du glossaire de la Culture de Cusco, avec la graphie à cinq voyelles du dictionnaire de l’Académie.

NombreAlphabet officielGraphie de l’AcadémiePrononciation approximative
1hukhukhouk (h expiré)
2iskayiskayIS-kaï
3kimsakinsaKIM-sa
4tawatawaTA-oua
5pichqapisqaPITCH-qa
6suqtasoqtaSOQ-ta
7qanchisqanchisQANN-tchis
8pusaqpusaqPOU-saq
9isqunisqonIS-qon
10chunkachunkaTCHOUN-ka

Il n’y a pas que les voyelles qui changent : kimsa et kinsa, ou pichqa et pisqa, reflètent aussi des façons de parler de régions différentes. Les dizaines se forment avec chunka : iskay chunka signifie vingt, et pachak, cent.

Les toponymes de Cusco et leur signification

Nous ne donnons que les significations recensées par le dictionnaire de l’Académie et par les glossaires officiels. Plusieurs interprétations circulent sur le nom même de Cusco, et nous n’en tenons aucune pour certaine.

  • Machu Picchu et Huayna Picchu : machu signifie « vieux » et wayna, « jeune ». L’Académie traduit Machupikchu par « cime ou pic vieux » et Waynapikchu par « colline ou pic jeune ». Plus d’informations dans notre guide du Huayna Picchu.
  • Q’eswachaka : q’eswa est une corde torsadée en fibre végétale et chaka, « pont » : c’est le pont de corde que quatre communautés quechuas renouvellent chaque année. Tout sur lui dans notre guide du pont Q’eswachaka.
  • Qorikancha : qori signifie « or » et kancha désigne un espace clos ; l’Académie le traduit par « quartier clos d’or ». Visitez-le avec notre guide du Qorikancha.
  • Q’enqo : selon l’Académie, le nom signifie « zigzag ». Le site se trouve dans le parc archéologique de Sacsayhuamán ; plus d’informations dans notre guide de Qenqo.
  • Sacsayhuamán : waman signifie « faucon ». L’Académie explique le nom par « tête hérissée de faucon », même si ce n’est pas la seule interprétation qui circule. Plus d’informations dans notre guide de Sacsayhuamán.
  • Qoyllurit’i : rit’i signifie « neige », et l’Académie traduit le nom du sanctuaire par « neige d’étoiles ».
  • Willkamayu : le nom quechua du fleuve Vilcanota, « rivière sacrée » selon l’Académie ; mayu signifie « rivière ».
  • Ausangate : Awsanqati en quechua, le grand sommet enneigé au sud-est de la ville, est l’un des apus, les esprits protecteurs qui habitent les cimes. Plus d’informations dans notre guide de l’Ausangate.
  • Inti Raymi : inti signifie « soleil » et raymi, « fête de grande solennité ».

Où entendre le quechua à Cusco ?

  • Marchés : entre les vendeuses et les clients venus des provinces. C’est le meilleur endroit pour entendre le quechua du quotidien et essayer vos premiers mots. Que goûter sur place : voyez notre guide de la cuisine de Cusco.
  • Communautés rurales : dans la Vallée sacrée, sur les hauts plateaux et sur les itinéraires de trek, le quechua est la langue du foyer de nombreux muletiers, cuisiniers et tisserandes.
  • Fêtes : dans les danses, les chants et les offrandes des villages. Les dates de chacune figurent dans notre calendrier des fêtes de Cusco.
  • Qoyllurit’i : le pèlerinage au sanctuaire, dans le vallon de Sinakara, commence 58 jours après le dimanche de Pâques. Selon l’UNESCO, qui l’a inscrit en 2011 sur sa liste du patrimoine culturel immatériel, il réunit quelque 90 000 personnes des environs de Cusco, organisées en huit « nations ».
  • Télévision et radio : le 12 décembre 2016, TV Perú a lancé Ñuqanchik, « nous », le premier journal télévisé en quechua de la télévision publique, diffusé aussi sur Radio Nacional. Il a débuté du lundi au vendredi à 5 h 30 du matin ; comme l’horaire a changé depuis, consultez la grille de TV Perú.
  • En route vers le lac Titicaca : à Puno, vous entendrez le quechua et aussi l’aymara ; le glossaire du ministère de la Culture pour les services autour du lac utilise les deux langues. Si vous poursuivez le voyage, lisez notre guide du lac Titicaca depuis Cusco.

Comment apprendre le quechua et l’utiliser avec respect

Un allinllachu en entrant dans une boutique ou un añay en partant suscite souvent un sourire. Pour bien l’utiliser :

  1. Saluez avant tout, en espagnol ou en quechua, avant de demander, d’acheter ou de photographier.
  2. Employez les formes de respect : wiraqucha, tayta ou mama avec les personnes âgées.
  3. Ne le traitez pas comme un spectacle : c’est une langue vivante, parlée par des millions de personnes, à la campagne comme en ville.
  4. Acceptez les corrections et demandez comment on dit quelque chose « ici » : les mots changent d’un village à l’autre.

Important : parler quechua est un droit reconnu par la loi 29735, pas une curiosité touristique. Demandez la permission avant de photographier les gens, y compris ceux qui posent avec des lamas ou des alpagas dans le centre, et ne filmez pas les cérémonies ni les offrandes sans autorisation.

Pour apprendre seul, le dépôt en ligne du ministère de l’Éducation propose gratuitement le manuel d’écriture du quechua du Sud, et le glossaire de base de la Culture de Cusco réunit vocabulaire, salutations et dialogues. Pour des cours, renseignez-vous sur l’offre actuelle auprès de l’Academia Mayor de la Lengua Quechua et de l’UNSAAC.

L’Academia Mayor de la Lengua Quechua

C’est l’institution de Cusco consacrée au quechua et une référence en ville. Son ouvrage le plus connu est le Diccionario Quechua-Español-Quechua, ou Simi Taqe, dont la deuxième édition, de 2005, a été publiée par le gouvernement régional de Cusco. Il comprend de nombreux toponymes et sites archéologiques de la région, utiles pour comprendre les noms que vous croiserez.

L’Académie défend l’écriture à cinq voyelles, une position que ne partagent ni le ministère de l’Éducation ni le rapport de l’UNSAAC. Dans la préface de son dictionnaire, le gouvernement régional rappelle qu’une ordonnance régionale de 2003 a fait du 8 novembre la Journée de la langue quechua dans la région.

Résumé : le quechua pendant votre voyage à Cusco

  • Ce que c’est : une famille de langues andines parlée dans sept pays. À Cusco, on parle la variété Cusco-Collao du quechua du Sud.
  • Combien le parlent : 3 735 682 personnes de 5 ans ou plus ont appris à parler en quechua, soit 13,9 % de cette population, selon les recensements de 2017.
  • Statut : langue officielle là où il prédomine, selon la Constitution et la loi 29735.
  • Écriture : l’alphabet officiel utilise trois voyelles (Qusqu) et l’Académie, cinq (Qosqo). La prononciation est la même.
  • Prononciation : attention au q profond, aux aspirées avec h et aux glottalisées avec apostrophe.
  • Pour commencer : allinllachu (bonjour), añay ou sullpayki (merci), arí (oui), manam (non) et tupananchiskama (à plus tard).
  • Où l’entendre : marchés, communautés, fêtes, Qoyllurit’i et le journal Ñuqanchik.
  • Avec respect : saluez d’abord, demandez avant de photographier et acceptez les corrections.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le quechua ?

C’est une famille de langues originaire des Andes, parlée au Pérou, en Équateur, en Colombie, en Bolivie, en Argentine, au Chili et au Brésil. C’est la langue autochtone la plus parlée du Pérou, et ses locuteurs l’appellent runa simi ou qhichwa simi.

Comment dit-on merci en quechua ?

À Cusco, on dit añay ou sullpayki ; le glossaire de la Culture de Cusco recense aussi sullpay et yusullpay. Pour « merci beaucoup », l’Academia Mayor de la Lengua Quechua donne l’exemple añaychayki askhata.

Comment dit-on bonjour en quechua ?

Il n’existe pas d’équivalent exact : on salue en demandant comment va la personne, avec ¡allinllachu! La réponse habituelle est allinllan kachkani, « ça va bien ».

Combien de personnes parlent quechua au Pérou ?

Selon les recensements nationaux de 2017 de l’INEI, 3 735 682 personnes de 5 ans ou plus ont appris à parler en quechua, soit 13,9 % de cette population. Dans la région de Cusco, les recensements de 2025 comptent 773 130 locuteurs de langues autochtones ou originaires.

Le quechua est-il une langue officielle du Pérou ?

Oui, dans les zones où il prédomine, selon l’article 48 de la Constitution. La loi 29735, de 2011, encadre son usage et reconnaît le droit d’être servi dans sa langue maternelle par les institutions de l’État.

Quel quechua parle-t-on à Cusco ?

Le quechua Cusco-Collao, une variété du quechua du Sud également parlée à Puno et dans une partie de l’Apurímac. Il se distingue par ses consonnes aspirées et glottalisées.

Faut-il écrire Cusco, Qosqo ou Qusqu ?

Cusco est la forme espagnole et la plus courante. Qusqu suit l’alphabet officiel à trois voyelles du ministère de l’Éducation, et Qosqo la graphie à cinq voyelles défendue par l’Academia Mayor de la Lengua Quechua.

Le quechua a-t-il trois ou cinq voyelles ?

L’alphabet officiel et un rapport technique de l’UNSAAC publié par le ministère de l’Éducation en 2021 soutiennent qu’il a trois voyelles, a, i et u, et que le é et le o ne sont que des variantes à côté de q, qh et q’. L’Academia Mayor de la Lengua Quechua en défend cinq.

Que signifie l’apostrophe dans les mots quechuas ?

Elle marque une consonne glottalisée, que l’on prononce en fermant la gorge et en relâchant l’air d’un coup, comme dans p’unchay, « jour ». Elle change le sens : t’anta signifie « pain » et tanta, « réunion ».

Quels sont les nombres de 1 à 10 en quechua ?

Avec l’alphabet officiel : huk, iskay, kimsa, tawa, pichqa, suqta, qanchis, pusaq, isqun et chunka. Dans le dictionnaire de l’Académie, vous verrez kinsa, pisqa, soqta et isqon.

Que signifie Machu Picchu en quechua ?

Machu signifie « vieux ». Le dictionnaire de l’Academia Mayor de la Lengua Quechua traduit Machupikchu par « cime ou pic vieux », et Waynapikchu, le Huayna Picchu, par « colline ou pic jeune ».

Où apprendre le quechua à Cusco ?

Renseignez-vous sur les cours actuels auprès de l’Academia Mayor de la Lengua Quechua et de l’UNSAAC. Pour commencer seul, le ministère de l’Éducation propose gratuitement son manuel d’écriture du quechua du Sud, et la Culture de Cusco un glossaire de base.

Sources officielles

CuscoPont Q’eswachakaSacsayhuamánQorikancha

Paul Pumalloclla

Comment nous avons préparé ce guide

Écrit par · 17 ans dans le tourisme

  1. Sources officielles Prix, horaires et règles vérifiés auprès du ministère de la Culture du Pérou, du SERNANP, de PromPerú et des compagnies de train et de bus.
  2. Sources citées Chaque guide renvoie, à la fin, vers les sources utilisées.
  3. Toujours à jour Quand une règle change, nous mettons à jour le guide et sa date.

Nous ne sommes pas une agence : nous ne vendons pas de circuits et ne prenons pas de réservations. Si un lien renvoie vers un partenaire commercial, nous le signalons à côté du lien, et cela ne change ni les informations ni les recommandations.

Historique du guide

  1. Publié
  2. Dernière révision

Une information n’est plus à jour ?

Signalez-la et nous la vérifierons auprès de la source officielle.

Signaler un changement
Prochaine étape de votre voyage Musées de Cusco : que visiter et lesquels sont dans le billet → Musées de Cusco : que voir au Museo Inka, à la Casa Concha, au Qorikancha et à la Casa Garcilaso, qui les gère et lesquels sont dans le…

Guides associés

Continuez à préparer votre voyage à Cusco

Billets, itinéraires, météo, altitude et budget : tout est vérifié auprès de sources officielles et mis à jour chaque saison.